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Propulsé voix du rugby sur TF1 pendant la tournée de novembre, Stefan Etcheverry, l’ancien international (autrichien) revient à ses premières amours.
Vous attendiez-vous après la Coupe du monde à être promu comme duo numéro 1 de TF1 avec Thomas Lombard pour l’Autumn Nations Series ?
Lors de la Coupe du monde, on était dans la 2ème équipe de commentateurs. On a couvert 5 matchs par rapport aux 20 matchs qui étaient prévus sur TF1. Quand la direction des sports m’a fait la proposition de prendre le commentaire des matchs de l’équipe de France pour la tournée de novembre, je ne m’y attendais pas trop.
Ça a été une grosse surprise que j’ai prise avec pas mal d’émotions et le sens des responsabilités aussi parce que commenter une équipe de France, quelle qu’elle soit sur TF1, c’est un gros challenge, une grosse responsabilité, une mission. Le rugby, c’est mon quotidien aussi, c’est mon milieu avant tout. Et le faire dans cet univers professionnel, ça a été pour moi une forme de consécration professionnelle.
Est-ce la direction qui a souhaité changer de duo de commentateurs ?
À lire30 essais, dont 8 pour Louis Bielle-Biarrey, Thomas Ramos encore meilleur buteur… Un tournoi de tous les recordsTelles que les choses m’ont été présentées, la chaîne souhaitait changer les choses. Il n’y a pas du tout une question de dévaloriser ni de sanctionner entre guillemets l’équipe qui était en place (François Trillo-Benjamin Kayser, Ndlr) depuis deux Coupes du monde. L’idée était, dans la continuité, de pouvoir repartir sur nouveau cycle avec d’autres personnes. Un changement dans la continuité.
Même si vous avez commenté la Coupe du Monde 2023, pour vous c’est un retour aux sources après avoir commenté le rugby sur Canal+ pendant de longues années.
Ça a pu en surprendre certains, mais commenter les matchs et être dans ce milieu, c’est mon ADN. C’est quelque chose que j’ai fait dans les premières années de ma carrière professionnelle pendant plus de 10 ans (à partir de 1999, Ndlr). C’était ma vie chaque week-end pendant 10 ans. C’était mon travail de commenter des matchs, de présenter des émissions autour du rugby. J’ai aussi été joueur. Ça a pu constituer une surprise pour bon nombre de personnes parce que c’est vrai que pendant 10 ans j’ai arrêté cette activité professionnelle, mais je suis toujours resté dedans. C’est une forme de continuité, de pirouette professionnelle qui était pour moi inattendue, mais qui est formidable.
Que faites-vous aujourd’hui ?
À lireAvant Antoine Dupont et Iris Mittenaere, le top 5 des rugbyman en couple avec des “people”Je suis affilié à l’information à TF1, je suis chroniqueur dans la matinale tous les jours de 7h à 9h30. Le travail sur le rugby, les commentaires, toute la préparation des matchs, c’est une activité complémentaire. Il y a eu trois matchs pour l’équipe de France en novembre, plus quelques matchs de l’équipe de France féminine, mais ça ne constitue pas un volume de travail suffisamment important pour justifier une place à 100% au service des sports.
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« Sur le rugby, TF1 n’a rien à envier aux autres chaînes »
TF1 ne vous a-t-elle pas dit qu’elle souhaitait que vous soyez la voix du rugby sur la chaîne ?
Tout le monde me dit que c’est moi le commentateur de TF1, mais avec beaucoup d’humilité je reste à ma place et les choses qu’on ne me dit pas formellement je ne peux pas l’évoquer. C’est à mes patrons de répondre à cette question. Peut-être que ça pourrait être logique de pouvoir m’inscrire dans cette durée. Si on m’avait dit que j’étais le commentateur de TF1 pendant quatre ans, pour les filles, pour les garçons, je vous le dirai. Là, on m’a proposé le job dans un premier temps pour la tournée de novembre, on m’a dit qu’on aimerait bien me faire confiance sur un cycle. J’en serais ravi, mais je ne peux pas vous dire aujourd’hui que je serai là au mois d’août, au mois de novembre et pour la Coupe du Monde 2027.
Vous devez savoir s’ils sont contents de vos commentaires.
On a débriefé et ils sont très contents. TF1 et la direction des sports m’ont dit qu’ils étaient très contents et qu’on a réalisé des audiences formidables. Ça aiguise les appétits pour faire encore plus de choses.
Comment avez-vous pris les critiques concernant vos commentaires sur le premier match contre le Japon ?
À lirePour mettre fin aux blessures, le Stade Français fait appel à l’intelligence artificielleJe suis tombé sur deux ou trois choses même si je me suis écarté des réseaux sociaux. Le plus dur, c’est quand ce sont vos enfants qui viennent vous voir en vous disant qu’il faut tout arrêter, que ce n’est pas possible ce qu’on dit sur moi. Apparemment, après ce match, beaucoup de choses ont été dites… Moi, je suis mon cap. Je suis parti avec une feuille de route et j’ai l’impression qu’on a bien tenu cette feuille de route.
TF1 met un pied dans le rugby, est un nouvel entrant sur les matchs de l’équipe de France hors Coupe du monde. Forcément, on se retrouve exposé à tout un tas de choses et à tout un tas de critiques sur les réseaux sociaux. Le tout, c’est d’y aller avec beaucoup d’humilité et déterminé. On a un dispositif qui tient la route, qui est très expérimenté, qui n’a rien à envier à personne. On a fait notre travail du mieux possible.
Le commentaire, c’est quelque chose de très subjectif. Il y aura toujours des gens qui n’aimeront pas, d’autres qui aimeront, mais il faut prendre ça dans la globalité. L’important, c’est de le faire avec un maximum de rigueur et j’ai vraiment l’impression qu’on a réussi à faire un travail propre.
Stefan Etcheverry dans une pédagogie du commentaire sportif
Souhaitez-vous amener un style ou c’est compliqué sur une chaîne comme TF1 ?
France-Nouvelle-Zélande a été vu par un peu plus de 7 millions de personnes en moyenne. On parle de 2 heures d’antenne, avec des pics à plus de 8 millions, que ce soit sur le haka ou la fin de match. Quand on parle à 8 millions de personnes, c’est forcément une approche plus grand public, où on doit prendre les gens par la main pour leur expliquer les choses. La victoire, c’est de se dire que, quand les gens éteignent leur télévision, ils ont compris deux ou trois règles.
C’est un sport qui est l’un des plus populaires en France aujourd’hui et qui est peut-être le moins compris dans ses règles. La vraie victoire, elle est là. Parler pour des spécialistes, c’est simple. Parler à des millions de personnes, c’est un vrai challenge.
La vraie valeur ajoutée qu’on peut avoir à TF1, c’est de réussir à intéresser le plus grand nombre. Par nos événements et par la manière dont on a à les traiter, c’est de rassembler le plus de téléspectateurs autour de grands événements. Ce n’est pas de cliver, de fracturer les populations et les amateurs de rugby, mais de rassembler le plus grand nombre. Et, honnêtement, à la vision des audiences et des retours, je pense que le challenge est quand même réussi et il gagne à être encore amplifié.
« Le Tournoi des VI Nations aiguise les appétits de TF1 »
Rêvez-vous aujourd’hui du Tournoi des 6 Nations sur TF1 ?
À lireSix Nations : le top 10 des plus grands joueurs de l’histoireIl y a un partenaire historique du 6 Nations, depuis des années et des années, qui est le service public. J’entends dire que ça aiguise les appétits de TF1 de faire de telles audiences, de rassembler autant de Français autour de grands événements. Si jamais TF1 décidait de consolider cette approche du rugby et de pouvoir diffuser le plus grand nombre de matchs, je serais ravi. On me pose énormément la question maintenant que je suis devenu le commentateur numéro 1, mais je n’en sais pas plus.
Peu le savent, mais vous avez joué au rugby et même été international autrichien !
J’ai beaucoup joué. Je suis toujours dans un club de rugby, je suis dirigeant d’une équipe de filles à Clamart. Je suis tous les week-ends sur les terrains. Mes amis sont dans le rugby, c’est mon réseau, c’est ma vie intime, ma fille joue en cadettes à 17 ans. Le lendemain de France-Nouvelle-Zélande, j’étais à 9h du matin sur un terrain en région parisienne à porter les maillots et à faire la feuille de match d’une petite équipe cadettes d’un club amateur. J’aime bien ce grand écart et retrouver le rugby de la base.
Vous comptez 5 sélections avec l’Autriche !
On a fait les qualifications de la Coupe du Monde 1999. C’était une super expérience. J’ai les deux passeports. Je suis Autrichien par ma mère et Français par mon père. Comme je n’étais pas assez fort à l’époque pour défendre les couleurs de l’équipe de France, je me suis présenté à l’équipe autrichienne qui m’a pris volontiers sous son aile.
Stefan Etcheverry retrouve Isabelle Ithurburu
A quel niveau avez-vous joué en club ?
Avec Clamart, on jouait dans le groupe B, l’équivalent de la première division à l’époque, mais une première division très élargie, ça correspondrait aujourd’hui au niveau Nationale.
À lireXV de France : Fabien Galthié est-il encore l’homme de la situation ?Vous avez aussi des origines basques.
Mon père est de Saint-Jean-de-Luz. Je suis très attaché au Pays basque. J’y vais beaucoup. Comme je suis très attaché à l’Autriche où je passe beaucoup de vacances. Le rêve aurait été d’organiser un match entre l’équipe d’Autriche et l’équipe de Saint-Jean-de-Luz à Saint-Jean-de-Luz. C’est le rêve absolu. C’est un projet. Ce serait génial.
A TF1, vous avez retrouvé Isabelle Ithurburu.
Je suis super content, je suis parti de Canal quand elle arrivait. Je la trouve formidable. On a collaboré sur les tests de novembre. Elle est terriblement populaire. Elle est très aimée, très appréciée et je suis vraiment très content de pouvoir concrétiser à TF1 ce que je n’avais pas pu concrétiser à Canal, à savoir travailler avec elle.
À lireCombien gagne Fabien Galthié ?Qui est aujourd’hui la chaîne du rugby ?
L’équipe de France n’appartient à personne. Au gré des appels d’offres, de nouvelles personnes traitent l’équipe de France. Il faut juste le faire avec détermination. C’est une erreur colossale de se dire qu’on est propriétaire de l’équipe de France. Le rugby appartient à tout le monde. Cette tournée de novembre, TF1 en a acquis les droits et je pense vraiment qu’on peut être fier de ce qu’on a fait.